Le Tracervatoire

Le Tracervatoire

Ressources pour la Danse Savante et un Patrimoine Vivant

Danses royales, danses de Cour, danses hautement techniques glissées dans le répertoire traditionnel, extraites de traités ou portées par la mémoire : elles sont nommées savantes pour leur grande noblesse et leur complexité. Renaissance ou baroques, destinées à une élite, aujourd’hui curieusement, c’est la mémoire traditionnelle qui nous les restitue.

Il est de drôles de parcours et le mien fait partie de ceux-là. Je pourrais dire que j’ai appris à danser en même temps que mes jambes se sont senties capables de me porter toutes seules ; si bien qu’à l’âge de quatre ans j’affrontais la scène, et à huit j’étais déjà chorégraphe !
La suite ne pouvait être qu’atypique : une carrière de danseuse classique, puis grâce à la rencontre et la complicité de Dominique Bagouet, une seconde carrière de danseuse contemporaine. Malavika et Shakuntala me conduisirent avec elles vers la danse sacrée du sud de l’Inde , le Baharata Natyam.
Si je connais la danse traditionnelle depuis ma petite enfance, je n’ai rencontré la danse de Cour, Baroque et Renaissance, que beaucoup plus tard poussée par la curiosité et par une grande passion pour l’histoire et le costume.

La Compagnie a été crée il y a vingt trois ans à Bordeaux et l’écriture chorégraphique de chaque création, enrichie de toutes ces expériences, puisant tout à la fois à chacune de ces sources, offre des univers sensibles loin des propositions dans « l’air du temps », mais qui veulent mettre en avant un patrimoine auquel les institutionnels et les diffuseurs ne s’intéressent guère, certainement pour de multiples raisons et surtout par méconnaissance. Pourtant, c’est de ces traces et par ces traces que s’écrit la danse d’aujourd’hui.


De la danse de Cour à la danse traditionnelle, il y a moins d’un pas : il est bien évident que si, à ces époques, la noblesse ne pouvait s’unir au gens du peuple, l’une et l’autre danse avec bonheur se sont mariées. Je suis née en pays basque, habité par un peuple de danseurs ; mes souvenirs d’enfance sont pleins de ces danseurs rapides, précis, interprètes virtuoses de pièces savantes dont j’ai retrouvé plus tard les traces en étudiant avec les chercheurs italiens, les traités de danse de la Renaissance .
Alors j’ai glissé mes pieds dans ces traces, pour comprendre… Comprendre le cheminement de ces danses, où elles se sont perdues, où elles se sont retrouvées, leur nouveau visage, et leur place dans notre patrimoine chorégraphique contemporain ; car elles sont bien vivantes, depuis leur arrivée avec l’opulent vertugadin de madame Catherine jusqu’aux danseurs d’aujourd’hui .


Christine Grimaldi

Le Tracervatoire a été créé en février 2012, avec l'aide de la ville de Nérac et du Conseil Général du Lot et Garonne.